
Dans l’histoire d’une entreprise familiale, il existe parfois des figures qui ne se contentent pas de poursuivre une œuvre. Elles lui donnent une direction, une profondeur, une exigence nouvelle. Ali Coubeche appartient à cette lignée d’hommes qui ont compris que le développement économique ne pouvait être durable que s’il restait ancré dans un territoire, une mémoire et une communauté.
Héritier d’une histoire entrepreneuriale initiée par son père, Mohamed Saleh Coubeche, fondateur des Établissements Coubeche, Ali Coubeche a contribué à faire de cette maison l’un des acteurs structurants de la vie économique djiboutienne. Mais son intuition dépassait le seul champ du commerce. Pour lui, bâtir une entreprise, c’était aussi participer à la construction d’un pays, accompagner son évolution, préserver les repères essentiels de celles et ceux qui y vivaient.
Cette vision s’exprime avec force dans son engagement en faveur de l’éducation. En 1931, l’ouverture de l’École Franco-Islamique An-Najah témoigne d’une conviction profonde : transmettre est une responsabilité collective. Dans un contexte colonial où l’enseignement répondait rarement aux réalités culturelles, linguistiques et spirituelles des familles locales, An-Najah proposait une voie singulière à la fois enracinée et ouverte. L’école associait l’apprentissage du français, langue de l’administration et de l’échange, à la transmission de l’arabe, langue de culture, de foi et de mémoire.
Ce geste éducatif révèle une dimension fondatrice de l’esprit Coubeche : l’entreprise n’est pas seulement un outil de production ou de distribution. Elle peut devenir un trait d’union entre les générations, porter une attention au savoir, à la culture, à la formation, à tout ce qui permet à une société de se reconnaître dans son passé tout en avançant vers l’avenir. À travers An-Najah, Ali Coubeche donnait aux enfants les moyens d’apprendre sans renoncer à leurs racines, de s’ouvrir au monde sans effacer leur héritage. Il faisait de l’éducation un espace de passage entre la mémoire familiale, la culture locale et les exigences du siècle.
Aujourd’hui, cette histoire résonne avec une acuité particulière. Le Groupe Coubeche poursuit son développement dans des secteurs essentiels à la vie quotidienne :l’industrie, la distribution, la logistique, l’eau, l’alimentation, les services et les initiatives citoyennes. Mais au-delà de ses activités, il demeure porteur d’une même idée fondatrice : une grande entreprise se mesure aussi à ce qu’elle transmet.
Préserver les ressources, mobiliser les énergies, soutenir la jeunesse, accompagner les savoirs et les valeurs : ces engagements prolongent une histoire ancienne. Celle d’une entreprise née d’une initiative familiale, développée par des générations successives, et profondément liée au destin de Djibouti.
En rappelant la mémoire d’Ali Coubeche et de l’École An-Najah, le Groupe Coubeche rend hommage à une intuition toujours actuelle : entreprendre, c’est bâtir. Transmettre, c’est décider que ce que l’on bâtit aura un sens au-delà de soi.
