
Longtemps perçu comme une contrainte, le recyclage apparaît aujourd’hui comme l’un des leviers essentiels d’un développement plus durable. À Djibouti, la question est particulièrement importante : croissance urbaine, consommation quotidienne, activité portuaire, distribution alimentaire, bouteilles, canettes et emballages créent un besoin urgent de collecte, de tri et de valorisation.
Dans ce contexte, plusieurs initiatives montrent qu’une nouvelle filière est en train d’émerger. La Nation a notamment consacré un article à EcoTech, présentée comme une entreprise pionnière du recyclage industriel du plastique à Djibouti. Son approche repose sur une idée forte : transformer un problème environnemental en opportunité sociale et économique, en reliant collecte, transformation, inclusion et création de valeur.
Cette dynamique illustre une évolution profonde. Le déchet plastique, lorsqu’il est abandonné, devient pollution. Lorsqu’il est collecté, trié, compacté ou transformé, il redevient matière première. À travers cette logique circulaire, le recyclage permet de réduire la pression sur les paysages, les quartiers et les littoraux, tout en ouvrant de nouvelles perspectives d’emploi, de revenus complémentaires et d’innovation locale.
Le Centre EcoTech de valorisation des déchets, situé à Ambouli, témoigne de cette structuration progressive. Selon l’ADI et la Primature, cette infrastructure dédiée au recyclage des plastiques s’inscrit dans le programme Terre & Verre Djibouti, porté par le Groupe Coubèche. Elle contribue à donner une dimension industrielle à une filière qui a longtemps reposé sur des gestes dispersés et des initiatives isolées.
L’enjeu est désormais de faire du recyclage une habitude nationale. Cela suppose des équipements, mais aussi une pédagogie collective : apprendre à trier, identifier les points de collecte, impliquer les écoles, les entreprises, les hôtels, les restaurants, les quartiers et les familles. Le recyclage ne commence pas seulement dans une usine. Il commence dans le geste quotidien de celui qui choisit de ne pas jeter n’importe où.
À Djibouti, cette filière peut devenir un symbole fort : celui d’un pays capable de transformer ses contraintes en solutions, ses déchets en ressources, ses gestes citoyens en progrès partagé. Recycler, c’est protéger les paysages d’aujourd’hui. Mais c’est aussi préparer une génération qui saura considérer la matière non comme une fin, mais comme un commencement possible.
Dans cette transition, les acteurs économiques ont un rôle majeur à jouer. Par leurs volumes, leurs réseaux, leurs capacités logistiques et leur visibilité, ils peuvent contribuer à faire changer les pratiques. C’est précisément l’ambition d’une démarche comme Terre & Verre : inscrire le recyclage dans la durée, créer des passerelles entre industrie et environnement, et faire de la responsabilité un engagement concret.
